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     C'est un Tout Petit Monde    
Ragel



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Message  Posté le: Mer 13 Déc 2006, 23:24   Revenir en haut de page Aller en bas 
Bonjour les gens !!
Voila, j'ai récemment achevé l'écriture d'un roman et j'aimerais le partager. J'ai donc décidé d'y mettre le premier chapitre pour ceux que ça intéresse et de mettre ensuite la suite pour qui s'y intéresse un peu ... D'avance, merci :-)

Le titre majeure est "Tout petit monde"



Bienvenue dans un monde,
Où les rois sont exécutés.

Bienvenue dans un monde,
Où les anges ne sont pas que vos alliés.

Bienvenue dans un monde,
Où fiction devient réalité.

Bienvenue dans un monde,
Où des faux dieux sont adulés.

Bienvenue dans un monde,
Où l’on peut mourir d’aimer.

Bienvenue dans le monde,
D’un roi passionné.

Bienvenue dans le monde,
D’une reine qui se fait désirer,

Bienvenue dans le monde,
D’un fou qu’il faut éliminer.

Bienvenue dans le monde,
Du plus sanglant des cavaliers,

Bienvenue dans le monde,
Où trop de pions sont sacrifiés


.......................................................


La première partie se nomme "6 mois, 6 jours, 6 heures"

et enfin, le premier chapitre se nomme "Quelque chose de bizarre"

"C’est l’histoire d’une partie d’échec qui a commencé il y a bien longtemps. Elle est dirigée d’une main de maître par un fou prêt à mourir pour son roi et à tout pour conquérir le cœur de la reine. Ses cavaliers lui sont fidèles, ses tours sont sûres, ses pions sont aveugles…"

Anna Faive

---------------------------------------------------------------------------

La première page, c’est bien souvent ce qu’il y a de plus dur à écrire car on ne sait pas exactement de quelle manière commencer. Mon médecin m’a dit qu'écrire les pages qui vont suivre m’aiderait à extérioriser mes traumatismes. C’est donc vous, lecteurs, qui allez m’aider à guérir. Cependant, vous devez vous demander à qui vous avez affaire, et ce à juste titre, d'ailleurs. Alors, avant de vous raconter mon histoire, je vais me présenter. Moi, c’est Anna Faive. Je suis ce qu’on aurait pu appeler il y a quelques mois une étudiante moyenne de 19 ans. J’habite dans une petite bourgade du sud de la banlieue parisienne nommée Bourg-la-Reine (une ville de 22 000 habitants à tendance plutôt bourgeoise) ; j’étudie la médecine à la faculté de Paris XI, j'ai peu de famille et des amis formidables. C’est de cette manière que je me serais définie si j’avais été amenée à écrire ces pages il y a six mois. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, si j’ai toujours 19 ans, je n’ai plus d’ami et n'en cherche pas, je ne vais plus à la fac pour le moment, je ne sors plus, je ne dors plus et me nourris seulement pour faire plaisir à mon corps. Bref, vous l’aurez compris, j’ai perdu goût à toutes les jolies choses après ce qui est arrivé à mes amis (Sébastien, Manon, Hélène et Stéphane) et à moi.

Les origines de mon mal-être remontent au mois de mai 2007, au 18 pour être plus précise, durant un soir printanier comme il en existe beaucoup en cette période de l’année. Il faisait plutôt bon, je lisais les aventures de Max Fly quand, à ma fenêtre, je vis un feu de cheminée et, encore plus troublant, j’avais l’impression que cette fumée était là pour me dire quelque chose. Il était tard, j’étais fatiguée, c’était la fin de l’année, ma paranoïa me jouait sûrement quelques vilains tours et pour cause, comment de la fumée peut-elle s’adresser à quelqu’un ? Faisant fi de ce que j’avais vu, j’allai dans ma salle d’eau me doucher et me laver les dents pour enfin me jeter dans mon petit lit et, par la même occasion, dans les bras de Morphée. Maintenant que j’y pense, j’aurais dû faire nuit blanche ce soir-là, j’aurais de ce fait évité de me retrouver dans cette galère. Alors que je m’endormais, je revis la fumée s’adresser à moi, un peu comme si j’étais revenue une vingtaine de minutes en arrière, à la différence que je comprenais bien ces signaux. Je m’en souviens bien, je pouvais lire que je venais d’acheter un aller simple pour l’Enfer et que les désordres mentaux et physiques dans lesquels mon entourage allait se trouver étaient au sixième étage sans ascenseur dans une tour en feu. Je n’avais pas bien saisi le sens de la métaphore. Cependant, le message en général était bien clair. Mais vous êtes ou avez été adolescents et vous connaissez la fougue et la connerie caractérisant cet âge. J'ai même dû rigoler avec ce message. Eh bien maintenant, je m’en mords tellement les doigts que je vais devoir attaquer les orteils… Intriguée par ces signaux de fumée, je descendis de chez moi et tout paraissait normal. Le rêve dans lequel j’étais ne présageait rien de forcément néfaste, mais n’inspirait pas non plus un positivisme à toute épreuve. Au fur et à mesure que j’avançais dans la ville, ce que j’aurais dû voir n’était pas à sa place. La N20 (une route nationale qui coupe la ville en deux) n’était pas là, les immeubles habituels non plus, l’Allée d’Honneur avait disparu (une magnifique et grande avenue, à côté de chez moi, belle et classe…). Je me retrouvai dans une sorte de nébulosité qui commençait à m’angoisser. Le sol se désagrégea lentement sous mes pieds pour me faire tomber, tomber, et encore tomber jusqu’à atterrir dans un appartement que je n’avais jamais vu auparavant. Il était tout simplement monstrueux, se trouvait dans un désordre inimaginable avec de grosses traces de sang sur les murs. Un message était écrit sur une fenêtre, mais j’étais incapable de le déchiffrer. On aurait dit une sorte d’arabe ou d’hébreu…

Sur une chaise se trouvait un pull appartenant à Stéphane, tâché de sang lui aussi. À ce moment-là, ma seule envie était de crier jusqu'à m'en déchirer les tympans. Mais aussi étrange que cela puisse paraître, je n’y arrivais pas, comme lorsque vous voulez courir sans y parvenir. Cette frustration s’empara peu à peu de tout mon corps, m’empêchant de faire ce que je voulais, comme si je n’étais plus maîtresse de mon propre rêve, ce qui est ma foi grotesque. Je crois bien que j'avais rarement fait un rêve aussi terrifiant. Dans le salon, alors que j’examinais le pull ensanglanté, je vis une forme se dessiner face à moi. C’était une étoile à cinq branches avec un A ressortant un peu plus que le reste. Plus la forme prenait forme, plus j’avais envie de m’éclater la tête contre un mur tant la douleur devenait intenable. Tandis que j’étais à quatre pattes à tenter d’hurler à la mort, je vis dans le miroir du salon une personne apparaître. Elle avoisinait le mètre quatre-vingt, un couteau de cuisine dans la main gauche et le corps recouvert d’un voile noir. Je la regardais dans le miroir sans me retourner, de peur de me faire décapiter.

Elle ne bougeait pas, se contentait de me regarder, comme pour me narguer… Mon sang était glacé, j’étais incapable de bouger et la seule envie que j’avais était d’en finir avec cette chose, quitte à mourir, pourvu que je n’éprouve plus cette horrible sensation. J’arrivai enfin à me lever, face au miroir, avec le fantôme qui ne bougeait toujours pas. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien attendre à me regarder dans la glace, sans rien faire... Je commençai à me retourner peu à peu, m'imaginant déjà découpée en petits morceaux et semée un peu partout dans l’appartement, ou je me sentais agoniser lentement sous son couteau qui, aussi lentement que cruellement, m'ouvrait la gorge. Je me voyais toute recouverte de sang, sur le point d’y passer mais n’y parvenant pas. Au moment où je tournais la tête pour aller à sa rencontre, il n’était plus là ! Et personne dans le miroir. Voilà qui me fit encore plus froid dans le dos. La seule chose que j’attendais désormais, c’était de pouvoir me réveiller, mais derechef je n’y parvins pas, comme si je devais aller jusqu’au bout. Il me fallait jouer le jeu et franchir la porte du salon. Je me retrouvais dans l’entrée de l’appartement mais, à ce moment, je vis la chose, cette fois bel et bien dans le salon… Elle venait de sortir du miroir. Elle me pointa du bout du couteau et commença à me charger. Par terre, il y avait l’Arrache-Cœur de Boris Vian, qui était le premier objet me passant entre les mains. Je le saisis pour le lui envoyer dessus, mais elle disparut le temps d’un éclair, de sorte que le livre alla s’écraser contre un mur. Pour lui échapper, je courus vers la chambre de l’appartement et fermai la porte à double tour. Je me pensais sortie d’affaire quand, dans un des lits, j'aperçus un corps sans vie. Les draps étaient d’un rouge inquiétant…

J’allais regarder qui se trouvait dans ce lit quand une autre douleur me perfora le corps. Je me mis à genou, suffoquant, voulant vomir, en vain... Je pus finalement me relever mais n’osais plus retirer la couverture, de peur d’y trouver des choses encore plus immondes que dans le salon, et mon intuition était plutôt bonne. La personne décapitée dans le lit n’était autre que mon Stéphane ! Il était lacéré de coups de couteaux et défiguré. Mais qui avait pu lui faire une chose pareille ? J’étais à bout de nerfs, n’avais plus que mes yeux pour pleurer la mort d’un de mes meilleurs amis et m’allongeai alors dans le lit à ses côtés, attendant que tout cela s’arrête, en pleurant… Au bout d’une minute ou deux, une lumière apparut par la serrure de la porte. Elle représentait l’espoir et je peux vous dire que ce n’était pas du luxe, car au vu de ma situation, n’importe quelle issue de secours aurait été la bienvenue. La lumière s’intensifia peu à peu… Je décidai finalement de retirer la couverture de mes yeux, histoire de voir ce que j’avais devant moi. C’était un homme habillé en noir et lévitant à quelques centimètres. Il avait de longs cheveux gris, paraissait très âgé mais en pleine possession de ses moyens. Plus il s’approchait du lit, plus je sentais mon âme se délier de mon corps, et plus celui-ci s’affaiblissait peu à peu. J’avais mal comme si j'étais compressée de l'intérieur… Il me trouva assez rapidement et retira la couverture de mon visage. J’avais froid, je sanglotais, mon t-shirt blanc était devenu cramoisi, je ne faisais plus que pleurer et prier pour que tout cela s’arrête, que je me réveille et que tout ne soit plus qu'un souvenir.

Le vieil homme en noir pointa son doigt dans ma direction, dessina avec celui-ci le signe que j’avais aperçu dans le salon et commença à me parler dans une langue que je n’avais jamais entendue auparavant. Il me regarda fixement, son regard me paralysait. Il me dit : « Con saint Gillem quiro plere, nus amesidemos allera, ja zondez, vallet que vellare, delam su cataris. Ombras tile timeris, amis, famias, coïs daros attentcioneme, amenudo rodaram. ». Au fil de son espèce d’incantation, je me sentais partir. Je mis les bras de Stéphane autour des miens, comme s’il était la seule protection qui pouvait me rester… J'étais en train de mourir; dans le noir, je vis des squelettes me poursuivre et une abeille me sauver. Je vis également Sébastien pleurer sur une tombe, Hélène parler face à un miroir puis tomber et enfin Stéphane se faire transporter à dos d’agneau… Ses amis dans la détresse, c’est quelque chose d’absolument terrible à voir, surtout quand on ne peut rien y faire... Enfin, j’aperçus une dernière fois le salon de cet appartement avec, au milieu, un garçon que je ne connaissais pas. Il avait une bougie dans chaque main et parlait le même langage que l’homme en noir. J’entendis ensuite siffler un train. Je pus l’apercevoir de loin ; il était en forme de cercueil. Je tournai ensuite la tête pour voir le fantôme me porter le coup de grâce.

Je venais de mourir ou de me réveiller... J'ouvris finalement les yeux, dans mon lit...

Il me fallut quelques bonnes minutes pour reprendre mes esprits. Tout avait été si réel…La fumée, l’appartement, le sang, le pull, le miroir, la chambre, le cadavre, cette douleur, les mots du vieil homme résonnant dans ma tête avec une voix ressemblant à celle de Grand Corps Malade… Je posai un pied par terre, puis l’autre. J’étais en nage, j’avais encore quelques difficultés à respirer. Je revenais de si loin… Dans la cuisine, mon petit déjeuner eut beaucoup de mal à passer. J’avais une boule dans l’estomac… En m’habillant, je regardai par ma fenêtre vers la cheminée où j’avais aperçu cette fumée à la con… Quand j’y repense, tout est parti d’elle ; après, ça doit être mon subconscient qui avait dû me jouer des tours. Saleté…

La journée fut longue, très longue… À la limite de l'interminable ! J’avais envie de dormir… Qu’est-ce qui m’avait pris de regarder ces maudits signaux ? Je dois avoir une imagination bien débordante, quand même, simplement avec de la fumée qui sort d’une cheminée et de là, je me trouve dans un endroit que je ne connais pas avec tout ce bordel. Je me demandais si je devais en parler aux autres, ce que je fis-nalement en fin de journée.

Plus j'avançais dans l'explication de mon rêve, plus ils sombrèrent dans un vexant scepticisme. Comme je l’avais prévu, Stéphane voulut me rassurer en disant que si quelque esprit voulait m’embêter, il ferait tout pour me défendre. J’aimais bien l’écouter, celui-là, car même si c’était des paroles en l’air, elles retombaient directement sur mon cœur pour le réchauffer. Sébastien et Hélène étaient plus choqués par la violence, l’endroit inconnu, la langue, et les visions de chacun d’entre eux. Manon, arrivée au milieu du rêve, me dit que généralement, ce qui était rationnel ,mais inconnu dans les rêves était prémonitoire. Elle était bien gentille, mais bon, un fantôme qui sort d’un miroir, ça n'a absolument rien de réel, et la langue du vieil homme non plus, me disais-je. Sans le vouloir, elle m’avait rassuré. Jusqu’à la fin du repas, nous parlâmes de nos vacances d’été. En effet, nous partions fin juin au dessus de Grenoble, sur le plateau du Vercors, à Villard de Lans.

La journée, bien que longue à en mourir, était passée sans trop d’encombres ; j’en aurais presque oublié ma nuit agitée, entre la préparation des vacances et la continuelle recherche de l’homme parfait. Je n’avais pas le temps de m’attarder sur les visions fantasmagoriques de mon inconscient. Elles me rattrapèrent pourtant la nuit suivante, lors du même cauchemar, avec encore cette douleur me transperçant le corps. La journée suivante se déroula encore plus lentement que la précédente. Si, si, c’est possible ! Je la passais à cogiter dans ma chambre, hantée par le monstre et toutes ces visions. Impossible de penser à autre chose; tout m'y ramenait et, bien que cela paraisse contradictoire, ma curiosité me poussait à vouloir dormir pour savoir si j'allais encore assister à la même scène. J’eus ma réponse le soir suivant en me retrouvant une nouvelle fois dans cet appartement, décidée à affronter la chose en voile noir. Étant dans un rêve, la douleur ne pourrait pas être là, alors que risquais-je ? Par terre se trouvait, désormais comme d'habitude, l’œuvre de Bison Ravi. Je le lui lançai, toujours en vain. Dès lors, le rêve se finit de la même manière, exception faite que la douleur finale avait décuplé. Au réveil, il y avait sur le mur de ma chambre l’espèce de signe bizarre qui ornait le mur du salon de l’appartement. Sébastien et Stéphane vinrent rapidement me voir et m’aidèrent à nettoyer tout ça. Après une heure de discussion, ils paraissaient d’accord pour dire que j’avais dû faire une simple crise de somnambulisme. C’était certes l’explication la plus rationnelle, mais un feu de cheminée en plein printemps, était-ce rationnel ? Plus le temps passait, plus j’avais peur de dormir, peur d’avoir mal, peur de revoir mes amis souffrir, et peur de revoir quelque chose au réveil.

Deux ou trois semaines plus tard, rien n'avait changé et le rêve s’était répété. Le sixième jour, il y avait, sur ma moquette, des empreintes d’Adidas Superstar sur ma moquette. Je sentais bien que ma mère ne savait pas trop quoi penser de tout cela et qu’en me rassurant, elle tentait de se rassurer aussi. Inquiète, elle se renseigna pour moi auprès d’un ami à elle qui était psychiatre. Le lendemain, je me réveillai de nouveau avec ce signe sur mon mur. Le même jour, ma génitrice vint me voir pour m’annoncer qu’elle avait pris rendez-vous avec un médecin spécialiste pour l’après-midi même. C’était le docteur Havil, un ancien collègue à elle. Je me sentais rassurée par le fait d’aller voir quelqu’un. Le soir, je devais retrouver les autres pour leur résumer ce que le médecin me dirait et pour achever les derniers préparatifs avant le départ en vacances, qui était le lendemain matin.

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Paskinelle

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 10:34   Revenir en haut de page Aller en bas 
Pas mal du tout !!
Ce n'est pas le genre d'histoire que je lis en principe mais c'est pas mal écrit du tout.
Tu l'as terminé ton roman ? Ou tu es toujours en cours d'écriture ?
Et pourquoi le personnage principal est une jeune fille ?
En tout cas c'est très bien !

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 11:42   Revenir en haut de page Aller en bas 
il est terminé :-)
je t'expliquerai un peu plus tard pourquoi c'est une nana, car sinon, ça te donnera plusieurs clés

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 11:48   Revenir en haut de page Aller en bas 
Ah ok

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 11:51   Revenir en haut de page Aller en bas 
Je trouve ça plutôt bien, même si parfois il y a un peu trop de détails (peut être que ca a une véritable importance pour et sur le personnage, mais sinon, pourquoi préciser que Bourg la reine a 22 000 habitants? ).

Par contre, à Villard, en juin, ya rien à faire Mieux vaut aller à Chamrousse, Presles (Bon, ça, ca n'a aucune importance ).

Sinon, pense à imprimer ton texte et à te l'envoyer à toi même sans ouvrir la lettre avant de le publier sur le net. On ne sait jamais... (Je fais ma Camille_Lattand là )

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 11:56   Revenir en haut de page Aller en bas 
c'est déjà fait, et je l'ai aussi fait copyrighter

les détails cce sera plutot important de manière plus générale

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 13:59   Revenir en haut de page Aller en bas 
bon
la suite elle est où ???????????

Parce que moi j'ai envie de savoir ce qui se passe avec ce Docteur Havil maintenant...

Je trouve que tu as un style d'écriture très "lisible", qui se lit facilement, sans obstacle, très agréable en fait. J'adore le genre de petit détail du type : "l'arrache coeur" sur le sol, les marques d'"Adidas Superstar" et autres, qui rattache à notre réalité et rendent l'histoire plus proche et plus identifiable.

Tu écris depuis longtemps ? C'est ton premier roman ou tu en as d'autres ? Ou des nouvelles ? As-tu déjà pris contact avec un éditeur ? As-tu un relecteur ? etc etc

Le sixième jour, il y avait, sur ma moquette, des empreintes d’Adidas Superstar sur ma moquette - ya deux fois "ma moquette" dans la phrase, mais c'est un détail, ça ne change RIEN à mon opinion
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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 15:22   Revenir en haut de page Aller en bas 
Dans le même esprit y avait aussi : "Plus la forme prenait forme..."

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 19:09   Revenir en haut de page Aller en bas 
le coup de la forme était fait exprès, pas l'autre :-)

Merci beaucoup, Kickers girl. A vrai dire, j'ai beaucoup travaillé sur le lisible car mon premier défaut était de faire trop touffu :-)

Sinon, pour l'écriture, ça doit faire quatre ans, et j'ai écrit un roman (celui-ci), une pièce de théatre, deux aventures, et un recueil de poésies ;-)
sinon, j'ai fait qq articles et qq nouvelles sur divers forums et dans des ptits journaux locaux.
J'ai deux relecteurs de haut niveau et je vais essayer de prendre contact avec des maisons en janvier ;-) et je posterai le deuxième chapitre dans pas longtemps ;-)

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Message  Posté le: Jeu 14 Déc 2006, 19:13   Revenir en haut de page Aller en bas 
Je mets le chapitre maintenant ;-)

Il s'intitule "Il changeait la vie"

Mon rendez-vous était à dix-huit heures chez le docteur Havil. Nous étions alors le 7 juin. Son cabinet se trouvait vers Ledru-Rollin, dans la rue de la Forge Royale. Sa salle d’attente était banale; des Paris-Match de 1975, des jouets pour enfants, des tableaux d’informations sur le sommeil. Je m’y sentais rassurée, peut-être intouchable par ces monstres sabotant mes nuits. Il me prit avec une petite dizaine de minutes de retard et me mit vite à l’aise en m’expliquant qu’à tout problème, on trouvait une solution, que je n’étais pas une damnée et que j’avais frappé à la bonne porte pour réussir à bien dormir de nouveau. Je commençai mon histoire, des signaux de fumée au premier rêve, en passant par les visions, la langue, la répétition… Le docteur m’ayant demandé d’être précise, cela me prit une bonne demi-heure pour tout lui raconter. À la fin, il prit un grand bol d’air et commença son analyse, qui était celle-ci :

«- Mademoiselle Faive, je dois reconnaître que je me suis rarement retrouvé face à un cas comme le vôtre, mais je pense néanmoins avoir une explication. Pour commencer, je vais vous expliquer en quelques mots l’origine du rêve et j’en viendrai à ce que vous vivez actuellement. Il se dit dans le milieu que le rêve est une cause sensorielle. Il provoque des sensations qui n’existent plus, pas, ou pas encore. Cependant, nous ne pouvons pas être sûrs que ce que nous rêvons n’est que le produit de notre imagination ou de notre inconscient, car comme vous le savez, il est très difficile de différencier la veille du sommeil si l’on ne juge pas les faits sur leur rationalité, mais sur leur crédibilité vis-à-vis de ce que vous vivez chaque jour. C’est la raison pour laquelle ce rêve qui paraît si réel peut ne pas être le fruit de votre imagination, mais une scène qui aura lieu, dans la mesure où vous y assistez et n’y avez jamais été confrontée. Pourtant, le rêve a un caractère imaginaire et combine arbitrairement des choses qui vous sont générales et qui paraissent réelles. Ce que vous avez vu peut être la combinaison de votre volonté de partir dans un endroit que vous ne connaissez pas avec vos amis. Mais ce qui m’inquiète le plus dans votre rêve, ce n’est pas le fait que vous ayez dessiné des choses sur votre mur, mais bien les choses que vous avez dessiné. Vous craignez le fait d’avoir vu cela à votre réveil, mais je peux vous affirmer que tout n’émane que d’une vilaine crise de somnambulisme. Tout le monde a été ou sera somnambule au moins une fois dans sa vie, mais c’est surtout ce signe que vous avez écrit. Il me surprend dans le mauvais sens du terme. Vous allez me raconter à nouveau votre rêve, et nous allons analyser ensemble ce que vous avez vu.

- D’accord, docteur. Déjà, avant, je voulais vous dire que chaque soir, à la fin du rêve, je vois de nouvelles choses.

- C'est-à-dire ?

- Par exemple, le premier soir, j’ai vu une abeille, un grand trou, un agneau ; et la nuit dernière, j’ai aperçu une créature à deux têtes, des gens avec des ailes, les lettres alpha et oméga…

- Attendez, mademoiselle, allez moins vite. L’abeille symbolise l’être salvateur et l’aptitude à vivre, je crois. Les trous sont réservés aux âmes qui vont en Enfer, et l’agneau, si je me souviens bien, représente une victime d’un sacrifice. Quant à votre créature à deux têtes, c’est sûrement une créature amphisbène. L’alpha et l’oméga représentent souvent l’origine, le principe et la fin. Enfin, les ailes sont les attributs des êtres surnaturels.

- Et que font toutes ces choses-là dans mes rêves ?

- Vous êtes la seule à pouvoir répondre à cela, mademoiselle. Racontez-moi de nouveau votre rêve, désormais.

- Très bien, docteur, lui répondis-je. Alors, ça commence avec les signaux de fumée que j’ai vus avant de m’endormir, où ils m’annoncent que je viens de prendre un aller simple pour l’Enfer. Un peu comme un oiseau de mauvaise augure.

- Je vois, je vois. C’est un signe extérieur qui vous prévient qu’une zone de turbulence va secouer votre avenir. Ce qui est préoccupant, c’est que vous avez vu quelque chose aperçu dans la réalité. La question est de savoir si votre « Ça » a pu interpréter quelque chose de réel ou de fantaisiste. Malheureusement, je ne peux pas analyser ceci. Poursuivez.

- Ensuite, je traverse la ville de Bourg-la-Reine et peu à peu, je n’y trouve plus ce que je devrais y trouver. Puis, je tombe assez longtemps pour me retrouver dans cet appartement que je n’ai jamais vu.

- Je suppose que ce n’est point la première fois que vous chutez de haut dans un de vos rêves. Gardons donc ceci pour plus tard. Poursuivez ?

- Je me retrouve dans cet appartement qui est dans un désordre impressionnant, avec du sang sur un mur, une marque bizarre sur celui d’en face et le pull de mon ami Stéphane. Bien sûr, au fil du temps, une douleur de plus en plus intense m’envahit le corps entier. Elle est abominable. Il y a ce message en langue bizarre. Ensuite, je vois cette forme qui se dessine et ce fantôme qui me regarde sans bouger…

- Et c’est là que ça devient intéressant. Ces premières visions sont des symptômes d’une crise d’aglahophobie.

- Qu’est ce qu’une crise d’aglaophobie, docteur ?

- Une crise d’aglahophobie. Je vous explique. Vous m’avez bien dit que vous habitiez Bourg-la-Reine ?

- Exactement. Pourquoi ?

- Je vais vous raconter une histoire que ma première femme m'a apprise au moment où j’étais en faculté de médecine. Elle concerne justement la légende de Bourg-la-Reine et commence en 1387 après Jésus Christ. Cette année-là, pour la première fois, une paroisse vint s’installer dans la clairière de Pleigiz. Cette église existe toujours et se trouve dans le quartier des Blagis. À cette époque, un jeune homme y fut formé. Il s’appelait Gilles Baungarten, mais tout le monde l’a toujours appelé par son prénom. Il s’y fit enseigner la vie de Jésus et les « vertus » que celle-ci comporte. Malheureusement, l’année de ses dix-sept ans, il aurait été touché par Satan qui l’envoûta progressivement sans pour autant que celui-ci ne s’en rende compte. Nous ne savons pas trop ce qui l’a amené à jeter son dévolu sur Gilles… Pendant les dix-sept années suivantes, le Prince des Ténèbres s’empara peu à peu de lui pour lui apparaître en rêve le jour de ses trente-quatre ans. Cette nuit-là, Satan lui aurait expliqué comment passer dans le camp du Mal. Cela consistait à suivre une « formation » de plusieurs siècles dans l’Au-delà pendant que sur Terre, un être vêtu de noir, traînant avec lui douleur et souffrance, errant d’âme en âme et ne laissant derrière lui que terreur et désolation assurait un intérim avec les Enfers. Après avoir tout assimilé, il commença à prêcher sa parole. C’était à partir de ses cinquante et un ans. Pourtant, il lui manquait des informations, comme par exemple celle de savoir si des sacrifices seraient nécessaires et pourquoi, connaître l’intérêt de l’existence d’un lien avec le monde réel. Jusqu’à l’année de ses soixante-quatre ans, il tomba dans une douloureuse décadence ne faisant de lui plus qu’un être totalement déshumanisé. Il s’était tué à la tâche pour trouver celui qui lui permettrait d’accomplir la prophétie. Le jour de ses soixante-quatre ans, il trouva, en sortant de sa paroisse, un berceau avec un bébé dedans. Il semblait abandonné. D’où venait-il ? Qui l’avait posé ? Y reconnaissant un signe venu d’en haut, Gilles pleura pendant longtemps, très longtemps… Il décida de cacher l’existence du bébé et l’éduqua loin de tout, pour que son âme ne soit orientée que dans le sens du diabolique. Ce jeune garçon se nommait, selon le bracelet porté à son poignet, Alexander Glaho. Gilles avait décidé : cet enfant serait la personne qui agirait pour lui sur Terre.

- Mais agir de quelle sorte ?

- J’y viens, mademoiselle. Gilles et Alexander disparurent alors de la circulation. On pense qu’il le forma. Il réapparut seul le jour de ses soixante-dix-huit ans. C’est à cette même date que ses pratiques hérétiques furent découvertes. De ce fait, il se retrouva très vite sur un bûcher avec la langue arrachée, après des jours et des jours de torture…

- Et Alexander ?

- Nul ne sait ce qui lui est arrivé. Quelqu’un, un jour, a écrit qu’Alexander était le fils que Gilles avait eu avec une prostituée, mais on n’a jamais prouvé cela.

- L’Église lui a fait tout cela rien que pour ça ?

- Comment ça ?

- Ce ne sont que des supputations quand ils disaient que Gilles avait été en contact avec le Diable… Il n’y avait rien d’autre ?

- Absolument rien, mademoiselle, et le Vatican avait ses raisons. Il n’agit jamais à la légère.

- Si vous le dites, docteur. Continuez.

- Selon des rumeurs de sources sûres, Alexander devait, approximativement tous les trente ans, commettre un meurtre sordide en l’honneur de Gilles et de Satan. Bien sûr, le même meurtrier ne pourrait pas agir à chaque fois et c’est pourquoi à chaque personne sacrifiée, l’âme de la personne tuée entrait dans le corps d’Alexander, et devenait le nouvel Aglaho.

- Aglaho ?

- C’est le nom du monstre, un diminutif de Alexander Glaho. Et donc, la personne tuée devenait le nouvel Aglaho pour les trois décennies à venir, c'est-à-dire jusqu’au crime suivant.

- Cela veut dire que le monstre survit grâce à ses meurtres ?

- C’est ce que l’on dit, mademoiselle, mais ce n’est qu’une légende.

- Continuez quand même, sil vous plaît.

- Très bien. Donc, tous les trente ans, on retrouve l’enveloppe corporelle de la personne tuée auparavant dans un état assez pitoyable. À ce moment là, une nouvelle personne est sous le voile.

- C’est bien joli, tout ça, docteur, mais je ne vois toujours pas le rapport entre moi et cette histoire.

- Jamais nous n’avons pu prouver ce que je vous raconte, il ne faut donc pas y croire. Il est donc inutile d’en dire plus. C’était juste pour que vous compreniez qui était qui.

- Donc, le fantôme, c’est Aglaho, le vieil homme, c’est Gilles, et mon ami Stéphane peut représenter un sacrifié ?

- Je ne pense pas, car vous dites que tout se passe hors de Bourg-la-Reine et Alexander ne peut agir que dans la ville, je crois.

- Et la langue que j’ai entendue ? Et celle que j’ai lue ?

- Si les mots que vous avez entendus sont exacts, il y a de fortes chances pour ce soit de l’Aglaméha. C’est la langue que parlaient Alexander et Gilles lorsqu'ils étaient ensemble. Je dois reconnaître cependant une chose que je n’explique point, c’est comment vous et vous seule avez été amenée à rêver de la légende de Gilles, pourquoi vous voyez vos amis souffrir, et enfin le sens du message… En ce qui concerne l’autre, cela peut être de l’hébreu, de l’arabe, de l’araméen… Je ne saurais vous le dire avec certitude.

- Vous ne savez pas déchiffrer du tout l’Aglaméha ?

- Seuls Gilles et Alexander le parlaient.

- Vous êtes vraiment certain que tout cela n’a jamais existé, docteur ?

- Aussi certain qu’un et un font deux, mademoiselle. Je vous le dis, jamais personne n’a trouvé de traces crédibles de l’existence d’Alexander autour de la clairière des Pleigiz.

- Mais Gilles a vraiment existé ?

- Évidemment !

- Et si quelqu’un avait inventé ces mensonges pour couvrir quelque chose et légitimer la mise à mort de Gilles ?

- Les théologiens sont là pour ça et n’ont rien trouvé à ce sujet. Nous sommes dans le flou.

- Et la trace sur le mur ?

- C’est de cette sorte que selon la rumeur populaire, Alexander signait ce qu’il faisait pour Gilles. Ainsi, sur l’épaule gauche de chaque victime, il y aurait cette trace. Mais bon, aucune corrélation n’a été établie entre tout cela. J’ai même entendu dire que cette légende avait été écrite en 1604 par Jean-Baptiste Texte, un jeune séminariste des Pleigiz. Force est de constater que ce jeune homme avait une imagination débordante.

- Et si j’allais à l’église et essayais d’entrer en contact avec lui ?

- Vous êtes croyante, mademoiselle Faive ?

- Je croirais en n’importe quoi pour me sortir de ce bourbier.

- Croyez en moi et tout ira pour le mieux. Ce n’est qu’une crise de somnambulisme qui vous fait un peu peur, car elle est en rapport avec un cauchemar.

- Vous avez vous-même dit que le fait que j’aie rêvé de cette légende vous préoccupait.

- Je viens d’y réfléchir. Vous savez, on dit que l’inconscient peut se manifester par les rêves, et peut faire surgir des souvenirs qui datent de la plus tendre enfance. Je crois bien que notre cerveau assimilait absolument tout ce que nous avons vécu. Et ce dont nous nous souvenons dans nos rêves, c'est-à-dire ce que l’inconscient remet volontairement dans notre préconscient, ne serait jamais dû au hasard.

- Vous êtes en train de me dire que si nous avons un vieux souvenir qui émerge de nulle part et qui paraît inutile, il n’est jamais dû au hasard ?

- Précisément. Vos grands-parents ont très bien pu raconter cette légende durant votre enfance, sans que vous n'y prêtiez nécessairement garde au moment des faits. Ensuite, il faut se demander pourquoi votre inconscient a cru bon de vous la rappeler la nuit du premier cauchemar.

- Et comment le savoir ?

- Renseignez-vous sur la légende, ou attendez, et vous verrez si les inquiétudes de votre inconscient étaient légitimes ou pas.

- Mais bon, trois semaines à faire le même cauchemar, je pense que le message est clair. Il a les chocottes !

- Ne vous emportez pas. Je vous rappelle que ce n’est qu’une légende. Bon, ce n’est pas que je m’ennuie avec vous, mais je suis un peu en retard.

- Très bien. Merci, docteur, je vous dois sûrement la vie.

- Mes honoraires aussi. Je plaisante, bien sûr. Vous voulez revenir dans quinze jours ?

- Vous ne perdez pas le nord. Voici un chèque de soixante euros. Au revoir, docteur. Je ne pense pas pour dans quinze jours, car je pars pour trois semaines avec mes amis. Mais pourquoi pas après ?

- C’est bien. Cela me permettra de voir si vous avez réussi à aller mieux. Passez de bonnes vacances.»

J’espérais qu’à ce prix là, je n’aurais plus de problèmes de sommeil. Une histoire plus que bancale, des théories incompréhensibles… Merci le docteur ! J’appelai Stéphane pour lui dire que je me sentais mieux. Il me demanda ce que j’avais et je lui répondis d’un ton faisant croire que ma maladie coulait de source que je faisais une crise d’aglahophobie. Évidemment, il voulut en savoir plus sur cette maladie, mais je n’avais pas le temps de tout lui expliquer. Qu’importe, son père étant bibliothécaire depuis plusieurs années, en cherchant un peu, il trouverait bien un article dessus. Il me dit qu’il ferait cela et qu’il éclairerait mes lanternes sur cette légende, ainsi que sur ce que le docteur Havil ne m’avait pas bien expliqué. Nous devions nous retrouver aux alentours de dix heures pour achever les derniers préparatifs avant le départ, c'est-à-dire après le dîner, au parc où nous avions coutume de nous retrouver. Il se situait dans l'allée de Trévise (une résidence assez boisée située en bordure de l’allée d’Honneur et de la Nationale 20). Le temps de rentrer en métro, où j’avais eu le temps de me retrouver face à de drôles d’affiches morbides qui n’étaient pas là à l’aller, j’arrivai chez moi à vingt heures, ce qui me laissait le temps de me laver un peu, de me faire à manger, de préparer ma valise et enfin de retrouver les autres. Je me croyais sortie d’affaire, mais comme vous pouvez vous en douter, bien mal m’en prit.

Les femmes sont des papiers buvard, elles retiennent tout mais à l'envers
 
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